Google Wallet, cityzi… : Le sans contact mobile (NFC) nous fait entrer rapido dans l’ère du « Molo » (Mobile Local)

Le 26 mai 2011, Stephanie Tilenius, responsable des activités de Google liées au commerce, annonçait fièrement : « Nous pensons que 2011 et au-delà sera l’ère du Mo Lo », soit le commerce local avec l’internet mobile. Google a en effet annoncé en fanfare le lancement à New York et San Francisco dans quelques mois de son « Google Wallet », application qui permet d’avoir son portefeuille sur téléphone portable. Le système repose sur la technologie sans contact « Near field communication » (ou « NFC »), des ondes courtes permettant un échange de données par rapprochement avec un lecteur installé chez les commerçants. Or, note Stephanie Tilenius, « d’ici à 2014, 50 % des “smartphones” commercialisés aux Etats-Unis seront NFC-compatibles ».

Faudra-t-il attendre quelques années pour tester cette technologie en France ? Que nenni. La France est en avance dans le sans contact mobile grâce à cityzi, un service lancé par rien moins qu’un regroupement des grands opérateurs de téléphone français, Bouygues Télécom, NRJ, Orange, SFR… Ce projet, lancé avec succès en mai 2010 à Nice, va s’étendre en 2011 dans au moins 9 villes : Bordeaux, Caen, Marseille, Paris, Lille, Rennes, Strasbourg et Toulouse. A Nice, de multiples offres cityzi ont été lancées. Les Nicois peuvent obtenir des informations sur leurs portables sur les œuvres du musée d’art contemporain (MAMAC) ou visiter le vieux Nice. Ils peuvent prendre le bus ou louer les vélos bleus nicois. Et beaucoup de commerçants ont intégré leurs programmes de fidélité dans le système cityzi : la croissanterie, le magasin de jeux vidéos Game, Marché Franprix… Plus de 3 000 niçois sont équipés de mobiles NFC. Cela va aller très vite : un million de portables cityzi devraient être vendus en 2011.

Nous sommes bien ici dans le « mobile local » tel qu’analysé par Jeff Jarvis par exemple dans son blog : une course pour offrir un service stratégique pour les utilisateurs, la possibilité d’optimiser sa mobilité à tout instant. Cela implique d’avoir les informations pertinentes : « le vainqueur sera celui qui en sait plus autour de moi à un moment donné », nous dit Jarvis. Que se passe-t-il autour de moi ? (les cartes et autres maps des mobiles ont la réponse, comme les cibles cityzi et les flashcodes). Mes amis sont-ils dans les environs, par exemple dans un bar proche ? (Foursquare ou Facebook peuvent me le dire). Quelles photos ou vidéos  de ce bar puis-je avoir ? (photos FlickR ou les vidéos Youtube géolocalisées) Un événement ? (voir des services de réservation comme la start-up française Moxity)… Plus qu’à informer mes amis que j’y vais…

Et là commence le deuxième volet du « Mo Lo » : le transport, le paiement, la fidélité… Pas besoin de faire la queue ou d’acheter un ticket de transport : le mobile cityzi s’en occupe. Une fois sur les lieux, je paye avec mon portable car je n’ai pas de monnaie et je peux actualiser mes points fidélité du bar dans lequel je suis.

Il y a deux enjeux économiques pour le MoLo. Le premier est la publicité contextualisée grâce au suivi de l’utilisateur. Ce qui intéresse Google dans le NFC, c’est certainement les débouchés publicitaires qu’il offre : des coupons de réduction en passant par les promotions ponctuelles que les commerces pourront envoyer sur les téléphones. L’autre modèle est l’utilisation de services mobiles, sur laquelle mise les opérateurs téléphoniques français : le système cityzi ne centralise pas l’information de l’utilisateur, mais il propose un service que peuvent utiliser chaque catégorie d’utilisateurs (particulier, commerçant, gestionnaires de cartes de crédit, opérateur de transport…) sans avoir accès aux données des autres partenaires de cityzi.

En bref, le portable devient un outil qui facilite les déplacements en permettant à l’utilisateur de s’orienter dans son environnement, mais aussi d’interagir de façon plus optimale avec l’ensemble des services de la ville.